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Écrit par Jean-Michel à partir de situations vécues tout au long de sa vie.
L'intrigue
qui vous tiendra en haleine jusqu'au bout
découle de la mise en oeuvre de circonstances et de péripéties qui
éveilleront votre curiosité et pourtant si banales de réalité
quotidienne. Le roman basé sur une affaire
criminelle et de sordides avantages financiers montre la face cachée de
certains milieux contre lesquels le commun des mortels se heurte.
Vous rencontrerez certainement les traits de celles ou de ceux que nous
sommes obligés bien souvent de subir jour après jour sans pouvoir les chasser de nos soucis. Mais dans le monde imaginé de Jean-Michel, il n'est pas bon de dépasser les limites du raisonnable.
« Une belle opportunité » aurait pu aussi s’appeler « Les Faux semblants ».
Faux semblants qu'une belle opportunité va permettre de démasquer ! Un enfant innocent enlevé ! Un père indigne ? Des élus aux mains sales !
Une affaire immobilière ! Un motard assassin ! Un nettoyeur ?
A qui profiteront ces détournements de vérité ?
Quelles limites sont celles d'un citoyen honnête ? D'élus pris au piège de leur ambition ?
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QUELQUES EXTRAITS
Le commissaire venait de le pousser
violemment en lui tenaillant l’épaule.
- La prochaine fois que
vous intervenez comme vous l’avez fait, je vous fous la main sur la gueule,
trou du cul ! Alors pour partir à peu près du bon pied tous les deux, vous
allez me dire ce que vous savez sur cette affaire.
Bernard, surpris, voulut se dégager mais
malgré son avantage en poids et en taille, il ne put se libérer, le commissaire
le plaquant fermement sur le capot de sa BMW.
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Imperturbable, Roberto continua son
récit :
- Il est connu pour
mettre en « relations » les amis comme il dit. J’ai dû lui verser
jusqu’à cinq cents euros et il m’a mis en contact avec des patrons : j’ai
bêché, j’ai creusé, j’ai fait du béton, posé des parpaings, teint la laine et
fait bien d’autres travaux.
- Moi qui avais une
licence de droit dans mon pays, pensa-t-il et reprenant à l’adresse d’Henri :
- Comme je l’avais aperçu
de l‘autre côté de la rue et n’ayant pas trouvé d’emploi depuis quelque temps,
j’ai voulu le rejoindre pour lui en parler. Il m’a vu et tout en gesticulant il
m’a fait signe, d’une manière rapide au dessus de l’épaule du gars qui lui
faisait face, afin de ne pas l’approcher. J’avais commencé à traverser la rue
et j’ai donc fait semblant d’aller au bar mais au moment où je suis passé à
côté d’eux l’individu s’est retourné.
J’ai cru qu’il avait peut-être deviné le geste de Phil et voulait voir à qui il
s’adressait. Mais non, il est parti tout en me bousculant et en lançant :
- T’auras qu’à faire le guet, je m’occupe des
pervenches …
- Ou un truc comme çà,
précisa Roberto.
Henri attendait la suite mais l’histoire
était terminée; aucun autre commentaire ne viendrait agrémenter les mots
arrachés. Tout fut dit, précis, concis, à la Roberto.
Henri attendait la suite mais l’histoire
était terminée; aucun autre commentaire ne viendrait agrémenter les mots
arrachés. Tout fut dit, précis, concis, à la Roberto.
Henri se leva pour prendre une fiche de
jeu « Rapido » et jeta un bref regard vers l’entremetteur de boulot,
le marqua dans sa mémoire. Cheveux gris, la quarantaine passée, grand, mince,
un sourire composé légèrement de biais, un visage sérieux au sourire figé du
guignol blanc, un nez d’épervier un peu de travers, un gars avec une allure de
« coincé », ayant l’air d’avoir « enfilé » un parapluie qui
le raidirait naturellement.
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Dans le milieu policier, Hippolyte était
connu pour cette double attitude. Bien souvent dans les interrogatoires, il y
avait le gentil enquêteur et le méchant, fort en gueule, chacun intervenant
tour à tour pour faire craquer l’accusé. Hippolyte, lui, était les deux à la
fois alternant, les brusqueries et les amabilités, les presque regrets de
déranger un citoyen au dessus de tout soupçon, ayant fait supposer peu avant
qu’il avait à faire au pire des brigands.
Il s’étonna que cette méthode fonctionne
aussi bien sur les personnalités les plus fortes en caractère que sur les
petits voyous. Et il écouta donc son interlocuteur prêt à tout lui dévoiler,
sous le sceau d’un supposé secret :
- Et bien voilà, il
s’avérerait que cet Henri participerait à un réseau de clandestins, les faisant
venir ici pour obtenir des papiers. Ainsi il y a à peu près deux ans, il
aurait dirigé lui-même une introduction illégale suivie d’une intervention
musclée pour leur procurer un logement. Et en tant que président d’une
association caritative bien connue, il leur aurait apporté un soutien
alimentaire.
- Mais, compte tenu des
idées du maire, pourquoi ces clandestins venaient-ils ici ? J’ai toujours
entendu parler que les gens qui quittent leur chez eux, ne sont pas des gens
heureux. Alors pourquoi venir dans une ville qui n’accueille pas …
- Oh ? Mais Monsieur
le maire et la ville accueillent parfaitement et correctement ces réfugiés, par
contre vous savez bien que la France ne peut pas accueillir toute la misère du
monde. En tous cas il semblerait peut-être et
je dis bien peut-être, que l’enlèvement pourrait avoir un lien avec ces
trafics et encore peut-être des règlements de comptes, financiers cette
fois-ci.
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Liliane Gihemdet est donc allée taper,
pendant toute la journée, à la porte de la DDASS, à celle de la Préfecture et elle obtint un succès
passager grâce à l’absence du maire qui ne visite sa commune que certains
week-ends. Le préfet du moment, hélas pour lui pour peu de temps, qui avait une
fibre humaine peu commune a ouvert les portes; ce qui lui fut reproché
plus tard et lui valut son départ anticipé.
Mais dans l’instant les logements ont été
trouvés dans un foyer de logement de personnes en situation de précarité qui
possédait des chambres non occupées. Les services de la DDASS ont été saisis dès le lendemain et les aides financières
débloquées, sous l’influence du Préfet. Mais c’est là que tout fut vite repris
en mains par notre cher maire.
- Pourquoi tant
d’acharnement pour vingt réfugiés ? s’étonna Hippolyte. Surtout si des
logements avaient été trouvés.
Ah, tout est là justement ! Les logements, qui
avaient été fermés faute de trouver des bénéficiaires, se trouvaient dans un
quartier de centre ville que le maire voulait transformer en zone pavillonnaire
de luxe. Il voyait donc d’un mauvais œil cette intrusion dans sa programmation
immobilière. L’idée était de faire fermer le foyer par asphyxie financière.
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- Qu’est-ce que tu
fais ? demanda une voix venant de la cuisine.
Cette voix le ramena à la réalité. Il
ramassa un des petits paquets et lança :
- J’arrive !
Il l’ouvrit avec précaution et fit ce
qu’il avait vu dans les films de cinéma, se mouilla un doigt pour attraper une
pincée de la poudre blanche qu’il porta à la langue.
Mais comme il n’avait jamais utilisé de
drogue il ne savait pas ce dont il s’agissait sauf que cela piquait et que ce
n’était pas du sucre.
- C’est de la drogue, ce
ne peut être que de la drogue !
Il ne fut pas long à réagir, son sang
froid reprenant vite le dessus. Montrer ces sachets ne servirait à rien car il
serait toujours possible de l’accuser de les y avoir déposés lui-même. Non, si
cette poudre avait été cachée à cet endroit c’était pour la faire réapparaître
à un moment décisif pour ses ennemis en vue de l’accuser d’en être un
pourvoyeur. Mais quels ennemis ? Et maintenant que faire de cette, … cette
merde si ce n’est la faire disparaître. Dans le jardin ? Non ! Car il
était toujours possible de retrouver des traces.
Il ouvrit chaque sachet et en évitant les
rebords de la cuvette il les vida, les faisant glisser directement dans le
fonds des toilettes et tira la chasse puis arrosa ensuite de javel et
finalement tira à nouveau la chasse. Deux précautions en valaient mieux qu’une.
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Puis ce fut la vision de cauchemar de son
enlèvement, ce fils qu’il voit s’éloigner en souriant puis disparaître en
l’imaginant épouvanté.
Comment pouvoir pardonner à celles ou
ceux qui attentent à l’intégrité de pureté d’un enfant dont leur jeunesse est à
jamais retirée. Ces quelques fragments de cette vie commune entre un père et un
fils provoquèrent un flot de larmes incontrôlables.
Il avait besoin en cet instant d’une
aide, d’un secours pour avancer. Il n‘arrivait pas à se secouer, le sentiment
de culpabilité de ne pas avoir pu être le protecteur que son fils attendait le
bloquait. Quelques millièmes de secondes de bonheur au rappel des bons moments,
instants si courts face aux quelques millièmes de secondes si longues à
supporter quand elle retracent le désarroi provoqué par la déchirure de la
séparation.
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Le motard était arrivé au début de la
file, à côté de la voiture de Julien, le bruit de la radio couvrant celui de la
moto. Il mit un pied à terre, ouvrit son blouson, se retourna vers le
« redoutable », allongea le bras armé et fit feu deux fois,
pratiquement à bout portant dans le visage, au travers de la vitre ouverte.
Touché à la tête, le jeune homme n’ayant
pas vu arriver l’attaque mourut instantanément. Dans un premier temps, il fut
projeté sous l’impact des balles contre le dos du siège et dans un deuxième
temps, par rebond, l’avant de son torse bascula sur le volant. La voiture cala,
faute de l’appui du pied qui avait
glissé de la pédale d’embrayage. La jeune fille, toujours aussi hébétée, ne
comprenait pas ce qui se passait, malgré le bond du véhicule qui l’avait
violemment jetée en avant.
Les conducteurs de la file d’à côté ne
s’étaient rendus compte de rien, bien trop pressés de vouloir s’éloigner au
plus vite de la musique assourdissante.
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L’individu se recula doucement dans les
marques imprimées par ses pas quelques minutes auparavant. Il fit ainsi dix
mètres, se cala sur les jambes ouvertes, leva le révolver, le prit dans les
deux mains, visa le dos de son adversaire, pressa sur la détente. Le corps de
Michel fit un bond en avant sous l’effet de l’impact, rencontrant le mur sur
lequel il glissa. Il se retrouva à nouveau à genoux, la balle lui ayant
traversé le corps, ricochant et retombant par terre.
Reprenant le chemin vers le corps sans
vie, le mystérieux personnage marcha à nouveau dans ses propres pas, braqua à
bout portant le revolver et lui brisa la nuque avec une deuxième balle.
Michel avait eu une petite vie de second,
portefaix de son frère mais il venait de passer pour la première fois, à la
première place. Sa mort allait même lui donner la publicité qu’il avait
toujours espérée avoir mais pas dans les circonstances souhaitées.
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- Mais je m’en fous !
Je ne lui ai jamais demandé et il ne me l’a jamais dit. … je ne suis pas compliquée, moi non plus,
Hippolyte ! Je l’aime et j’ai besoin de cet amour ! Et m’unir à lui
me suffit. Nous sommes bien ensemble.
- Et cela te
suffit ? Et le fait de vivre dans le doute ? ponctua le commissaire
qui n’avait pas vu arriver Henri.
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